Votre entreprise connaît-elle vraiment la valeur de son patrimoine intellectuel ?

La propriété intellectuelle : un patrimoine souvent sous-estimé

Lorsqu’une entreprise parle de son patrimoine, elle pense généralement à ses bâtiments, ses machines, ses stocks, ses équipements ou encore sa trésorerie.

Mais une partie importante de sa valeur peut être beaucoup moins visible : son patrimoine intellectuel.

Brevets, marques, dessins et modèles, logiciels, savoir-faire, secrets d’affaires, bases de données, procédés industriels ou encore certaines créations peuvent constituer des actifs stratégiques.

Pourtant, de nombreuses entreprises connaissent mal l’ensemble de leur patrimoine de propriété intellectuelle, sa valeur potentielle et surtout les possibilités économiques qu’il offre.

L’enjeu n’est donc plus seulement de protéger la propriété intellectuelle.

Il faut également savoir l’identifier, la gérer, la valoriser et, lorsque cela est pertinent, l’exploiter.


Quels sont les principaux actifs de propriété intellectuelle d’une entreprise ?

Le patrimoine intellectuel d’une entreprise peut prendre des formes très différentes.

Les brevets

Un brevet peut protéger une invention technique et constituer un avantage concurrentiel pendant la durée de sa protection.

Mais un brevet peut également représenter un actif économique susceptible d’être :

  • exploité directement ;
  • licencié à un tiers ;
  • cédé ;
  • intégré dans une opération de partenariat ;
  • utilisé pour renforcer la position de l’entreprise lors d’une négociation.

Un portefeuille de brevets peut donc avoir une valeur qui dépasse largement son simple coût de dépôt et de maintien.

Les marques

Une marque peut devenir un actif particulièrement important lorsqu’elle bénéficie d’une forte reconnaissance sur son marché.

Elle peut notamment être exploitée directement, licenciée ou intégrée dans une stratégie de développement commercial.

Les dessins et modèles

Le design d’un produit peut également constituer un actif de propriété intellectuelle.

Dans certains secteurs, l’apparence du produit représente une partie essentielle de sa différenciation commerciale.

Le savoir-faire et les secrets d’affaires

Tout ne doit pas nécessairement être breveté.

Un procédé industriel, une méthode de fabrication, une formule, un algorithme, une méthode commerciale ou une information stratégique peuvent présenter une valeur importante tout en nécessitant une protection différente.

La stratégie de l’entreprise doit donc déterminer ce qui doit être breveté, ce qui doit rester confidentiel et ce qui doit être protégé par d’autres mécanismes juridiques et contractuels.


Pourquoi une entreprise peut-elle sous-estimer son patrimoine intellectuel ?

Plusieurs situations sont fréquentes.

Une entreprise peut avoir déposé des brevets au fil des années sans avoir réellement analysé leur intérêt économique actuel.

Elle peut également posséder des marques qui ne sont plus exploitées, des technologies développées pour un ancien projet ou des droits acquis lors d’une opération de croissance externe.

À l’inverse, certains savoir-faire importants peuvent ne jamais avoir été identifiés comme des actifs stratégiques.

Le problème est alors moins l’absence de propriété intellectuelle que l’absence de vision globale du portefeuille.


Un portefeuille de PI doit être régulièrement analysé

La propriété intellectuelle n’est pas figée.

Un portefeuille doit évoluer avec la stratégie de l’entreprise.

Il peut être utile de se poser régulièrement plusieurs questions :

  • Quels sont nos brevets réellement stratégiques ?
  • Quels titres sont encore exploités ?
  • Quels titres pourraient être licenciés ?
  • Existe-t-il des droits qui pourraient être cédés ?
  • Certaines technologies pourraient-elles intéresser d’autres secteurs ?
  • Nos marques sont-elles correctement exploitées ?
  • Avons-nous identifié nos principaux savoir-faire ?
  • Certaines innovations mériteraient-elles une protection ?
  • Les coûts de maintien de certains droits sont-ils justifiés ?
  • Notre portefeuille contribue-t-il réellement à notre stratégie commerciale ?

L’INPI propose d’ailleurs des dispositifs de diagnostic permettant aux entreprises de faire le point sur leur stratégie et leur portefeuille de propriété intellectuelle.


La valeur d’un brevet ne correspond pas à son coût

C’est un point essentiel.

Une entreprise peut avoir dépensé plusieurs dizaines de milliers d’euros pour développer et protéger une technologie sans que cette somme corresponde à sa valeur économique.

Inversement, un brevet dont le coût de développement a été relativement faible peut avoir une valeur importante s’il protège une technologie recherchée par plusieurs acteurs.

La valeur économique dépend notamment :

  • du marché concerné ;
  • du potentiel commercial ;
  • de la portée de la protection ;
  • de la durée restante des droits ;
  • de la concurrence ;
  • des alternatives technologiques ;
  • de la capacité à exploiter l’innovation ;
  • des revenus générés ou potentiellement générables ;
  • de l’intérêt que peuvent lui porter des tiers.

Le coût historique d’un actif et sa valeur économique sont donc deux notions différentes.


Une propriété intellectuelle peut générer des revenus sans être exploitée directement

C’est probablement l’un des aspects les plus méconnus de la propriété intellectuelle.

Une entreprise qui ne souhaite pas exploiter elle-même une technologie peut parfois envisager une licence.

Le principe est simple :

L’entreprise conserve ses droits et autorise un partenaire à exploiter la technologie selon des conditions définies contractuellement.

La rémunération peut notamment prendre la forme de redevances calculées sur le chiffre d’affaires réalisé grâce à la technologie.

Dans d’autres situations, la cession des droits peut être envisagée.

La propriété intellectuelle devient alors un véritable actif pouvant être négocié.


La PI peut également renforcer la valeur d’une entreprise

La propriété intellectuelle peut jouer un rôle important dans une opération de financement, de partenariat ou de transmission.

Un portefeuille structuré peut permettre de démontrer :

  • l’existence d’une technologie propriétaire ;
  • la différenciation de l’entreprise ;
  • l’existence de barrières à l’entrée ;
  • le potentiel de développement ;
  • la capacité à générer de nouveaux revenus.

L’EUIPO et l’OEB soulignent en 2026 l’importance économique des actifs de propriété intellectuelle et le potentiel encore insuffisamment exploité de leur utilisation dans le financement des entreprises.


De la protection à la valorisation

La stratégie de propriété intellectuelle peut donc être envisagée en plusieurs étapes :

Identifier → Protéger → Structurer → Évaluer → Exploiter → Valoriser

Cette approche change la manière de considérer la PI.

Il ne s’agit plus seulement de déposer un brevet ou une marque.

Il s’agit de construire un véritable patrimoine intellectuel cohérent avec la stratégie de l’entreprise.


Que faire des actifs de PI qui ne sont plus exploités ?

C’est une question particulièrement intéressante.

Une technologie peut ne plus correspondre à la stratégie actuelle de son propriétaire tout en conservant un intérêt pour une autre entreprise.

Par exemple, une société peut disposer d’une technologie qu’elle ne souhaite plus industrialiser parce qu’elle se concentre désormais sur une autre activité.

Cela ne signifie pas nécessairement que la technologie n’a plus de valeur.

Elle pourrait intéresser :

  • un industriel ;
  • une PME spécialisée ;
  • une startup ;
  • un acteur d’un autre secteur ;
  • un distributeur ;
  • un fabricant recherchant une technologie existante.

Dans ce cas, la cession ou la licence peuvent permettre de transformer un actif peu exploité en opportunité économique.


Pourquoi réaliser un inventaire de son patrimoine intellectuel ?

Un inventaire permet de disposer d’une vision globale.

Il peut notamment identifier :

Les actifs exploités

→ technologies, marques et designs directement utilisés dans l’activité.

Les actifs stratégiques

→ droits indispensables au développement futur de l’entreprise.

Les actifs sous-exploités

→ droits qui pourraient être davantage valorisés.

Les actifs non exploités

→ technologies ou droits susceptibles d’intéresser des tiers.

Les actifs à renforcer

→ innovations ou savoir-faire pour lesquels une protection complémentaire pourrait être envisagée.

Cette cartographie constitue une première étape vers une véritable stratégie de valorisation.


La propriété intellectuelle devient un enjeu financier

Le développement des entreprises repose de plus en plus sur des actifs immatériels.

L’enjeu pour les dirigeants est donc de ne pas considérer la propriété intellectuelle uniquement comme un poste de dépenses lié aux dépôts et aux renouvellements.

Elle peut également représenter :

un actif stratégique,

un outil de différenciation,

un moyen de négociation,

une source potentielle de revenus,

et un élément du patrimoine de l’entreprise.


Et si votre portefeuille de PI contenait des opportunités inexploitées ?

Une entreprise peut posséder des actifs dont elle n’a pas encore identifié tout le potentiel.

Un brevet non exploité peut éventuellement être licencié.

Une technologie abandonnée peut intéresser un autre industriel.

Une marque peut présenter un potentiel de développement sur un nouveau marché.

Un portefeuille composé de plusieurs titres peut être restructuré afin d’en améliorer la cohérence et la valorisation.

La première étape consiste donc à connaître précisément ce que l’on possède.


DEALIP : rapprocher la propriété intellectuelle du marché

La vocation de DEALIP est précisément de contribuer à rapprocher les détenteurs de propriété intellectuelle des entreprises susceptibles de l’exploiter.

Une innovation peut avoir été développée par une entreprise, un inventeur, un laboratoire ou une startup, mais son potentiel économique peut parfois être réalisé par un autre acteur.

DEALIP permet ainsi de donner davantage de visibilité aux opportunités de propriété intellectuelle et de faciliter la rencontre entre détenteurs de droits et entreprises susceptibles de les exploiter.

Votre propriété intellectuelle est-elle pleinement exploitée ?

Avant de considérer qu’un brevet, une marque ou une technologie n’a plus de valeur, il peut être utile d’examiner :

ce que vous possédez,

ce qui est réellement exploité,

ce qui pourrait être valorisé,

et quels acteurs pourraient être intéressés.

La propriété intellectuelle n’est pas seulement un moyen de protéger l’innovation. Elle peut aussi devenir un véritable actif économique.