Rapport Draghi : l’Europe doit enfin transformer ses inventions en valeur industrielle

L’Europe ne manque ni de chercheurs, ni d’ingénieurs, ni de brevets. Ce qui lui manque, c’est la capacité à transformer suffisamment rapidement cette richesse technologique en produits, en entreprises et en emplois.

C’est l’un des constats majeurs du rapport consacré par Mario Draghi à l’avenir de la compétitivité européenne. Présenté en septembre 2024, ce rapport met en évidence un paradoxe européen : l’Union dispose d’une recherche scientifique de haut niveau, mais peine davantage que les États-Unis et la Chine à transformer ses innovations en succès industriels.

Le problème n’est donc pas seulement de produire davantage d’innovations.

Il est aussi de mieux exploiter celles qui existent déjà.

Une richesse technologique largement sous-exploitée

Chaque année, des entreprises, des laboratoires et des inventeurs européens déposent des milliers de brevets.

Ces brevets représentent des investissements importants en recherche, en ingénierie et en développement.

Pourtant, une partie de cette propriété intellectuelle ne donnera jamais naissance à un produit.

Certains brevets restent dans les portefeuilles des entreprises sans être exploités. D’autres correspondent à des technologies abandonnées à la suite d’un changement de stratégie, d’un projet arrêté ou d’une évolution du marché.

Certaines inventions possèdent pourtant encore un potentiel industriel.

Elles constituent alors une forme de capital technologique dormant.

C’est précisément cette situation qui constitue l’une des opportunités identifiées par DEALIP.

De l’invention au marché : le maillon manquant

Le parcours traditionnel est relativement simple :

Recherche → invention → brevet → développement → produit → marché.

Mais dans la réalité, le processus s’interrompt fréquemment après le dépôt du brevet.

On obtient alors :

Recherche → invention → brevet → technologie dormante.

Le brevet protège l’invention, mais ne garantit pas son exploitation.

Il faut encore trouver une entreprise capable d’utiliser la technologie, de la développer et de la transformer en produit ou en procédé industriel.

C’est ce passage entre la propriété intellectuelle et le marché qui doit être renforcé.

DEALIP : transformer la propriété intellectuelle dormante en opportunité industrielle

C’est sur ce constat que repose le modèle de DEALIP.

L’objectif n’est pas de créer une simple plateforme de vente de brevets.

DEALIP ambitionne de devenir un intermédiaire spécialisé dans la valorisation et le transfert des actifs de propriété intellectuelle.

La démarche consiste à identifier les technologies sous-exploitées, à analyser leur potentiel industriel, puis à rechercher les entreprises susceptibles de les intégrer à leurs propres activités.

Le raisonnement est inversé.

Il ne s’agit pas simplement de demander :

« Qui veut acheter ce brevet ? »

Mais plutôt :

« Quelle entreprise rencontre aujourd’hui un problème industriel auquel cette technologie pourrait apporter une réponse ? »

Cette approche permet de rapprocher deux mondes qui restent encore trop souvent séparés :

les propriétaires de technologies
et
les entreprises qui ont besoin d’innover.

Cession ou licence : plusieurs formes de valorisation

Une technologie identifiée par DEALIP peut donner lieu à différents modèles de valorisation.

La cession

L’entreprise acquéreuse achète la propriété du brevet.

Le propriétaire bénéficie alors d’un revenu immédiat et l’acquéreur récupère la maîtrise complète de l’actif.

La licence

Le propriétaire conserve son brevet mais autorise une entreprise à l’exploiter.

La transaction peut alors associer un droit d’entrée et des redevances liées à l’exploitation.

Une opération globale

Dans certains cas, la valeur industrielle ne réside pas dans un brevet isolé.

Elle peut résulter de l’association de plusieurs actifs :

brevet + dessins et modèles + marques + savoir-faire.

La valorisation doit alors porter sur l’ensemble de l’opportunité industrielle.

Une réponse concrète au défi européen

Le rapport Draghi met en évidence la nécessité pour l’Europe de mieux transformer son excellence scientifique et technologique en croissance économique.

Cette transformation suppose notamment de faciliter le passage :

du laboratoire à l’entreprise,

de l’invention au produit,

du brevet au marché.

DEALIP s’inscrit précisément dans cet espace.

L’enjeu est considérable.

Une invention qui reste inutilisée représente une valeur économique potentielle qui ne produit ni chiffre d’affaires, ni emploi, ni compétitivité.

À l’inverse, une technologie transférée vers une entreprise capable de l’exploiter peut retrouver une seconde vie et contribuer à la création de valeur industrielle.

L’Europe n’a peut-être pas besoin d’inventer davantage. Elle doit aussi mieux exploiter ce qu’elle a déjà inventé.

C’est probablement l’une des conclusions les plus importantes à tirer du débat actuel sur la compétitivité européenne.

L’Europe possède déjà une formidable réserve de connaissances, de technologies et de propriété intellectuelle.

Une partie de cette richesse est simplement insuffisamment exploitée.

La question n’est donc pas uniquement :

« Comment inventer davantage ? »

Elle est aussi :

« Comment faire en sorte que davantage d’inventions européennes deviennent des produits européens ? »

C’est précisément le rôle que DEALIP souhaite jouer.

Identifier. Valoriser. Transférer.

DEALIP veut transformer les brevets dormants en opportunités industrielles.

Dans un contexte où l’Europe cherche à retrouver sa compétitivité technologique, la valorisation de cette propriété intellectuelle existante pourrait devenir un levier aussi important que le financement de nouvelles recherches.

Le défi européen n’est plus seulement de produire de l’innovation.

Il est de transformer l’innovation en valeur.