Pourquoi les industriels achètent ils des brevets plutôt que d’innover eux-mêmes ?
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Pourquoi les industriels achètent ils des brevets plutôt que d’innover eux-mêmes ?
Innover ne signifie pas nécessairement tout développer en interne. Pour une entreprise industrielle, acheter ou licencier une technologie existante peut parfois être plus rapide, moins risqué et plus économique que de partir de zéro.
Le marché des brevets ne concerne donc pas uniquement les inventeurs qui cherchent à valoriser leur propriété intellectuelle. Il constitue également une source d’innovation externe pour les entreprises qui cherchent à résoudre un problème technique, améliorer un produit ou accélérer leur développement.
Développer une technologie en interne : une démarche parfois longue et coûteuse
Lorsqu’une entreprise identifie un nouveau besoin technologique, elle peut décider de développer elle-même la solution.
Cette stratégie présente des avantages : elle permet de maîtriser totalement le développement et de conserver la propriété de la technologie créée.
Mais elle implique également plusieurs contraintes :
- mobiliser des ingénieurs et des équipes de R&D ;
- financer plusieurs années de recherche et développement ;
- réaliser des prototypes et des essais ;
- supporter le risque d’échec technique ;
- déposer éventuellement de nouveaux brevets ;
- attendre avant de pouvoir commercialiser la solution.
Et surtout, un programme de R&D ne garantit jamais que la solution recherchée sera effectivement obtenue.
C’est pourquoi certaines entreprises explorent une autre voie : l’innovation externe.
Acheter une technologie déjà inventée
Lorsqu’une invention répond à un problème industriel identifié, l’entreprise peut rechercher des technologies déjà disponibles.
Elle peut alors :
- acheter le brevet ;
- acquérir un portefeuille de brevets ;
- obtenir une licence d’exploitation ;
- négocier une licence exclusive sur un territoire ou un secteur ;
- conclure un partenariat avec l’inventeur ou le propriétaire de la technologie.
L’entreprise ne part alors plus d’une page blanche.
Elle dispose d’une base technologique existante, qu’elle peut ensuite adapter à ses propres produits et procédés.
Réduire le temps nécessaire pour arriver au marché
L’un des principaux intérêts de l’acquisition d’une technologie est le gain de temps.
Imaginons une entreprise qui souhaite intégrer une nouvelle fonction à l’un de ses produits.
Deux stratégies sont possibles.
Stratégie 1 : développer la technologie en interne
L’entreprise doit :
besoin → recherche → conception → prototype → essais → amélioration → industrialisation
Ce processus peut prendre plusieurs années.
Stratégie 2 : rechercher une technologie existante
L’entreprise peut commencer par :
besoin → recherche de technologies → analyse des brevets → sélection → négociation → adaptation → industrialisation
La recherche d’une technologie existante ne supprime évidemment pas les phases de validation et d’adaptation.
Mais elle peut permettre de réduire considérablement la phase de recherche exploratoire.
Une technologie brevetée constitue un point de départ
Il est important de ne pas confondre brevet et produit prêt à commercialiser.
Un brevet protège une invention répondant aux conditions de brevetabilité. Il ne signifie pas nécessairement que le produit a été industrialisé, certifié ou commercialisé.
Une entreprise qui acquiert un brevet devra donc généralement réaliser son propre travail :
- étude de faisabilité ;
- adaptation au produit ;
- prototypage ;
- essais ;
- industrialisation ;
- certification lorsque celle-ci est nécessaire ;
- analyse du marché.
Mais le brevet peut lui apporter quelque chose de particulièrement précieux : une solution technique déjà identifiée et protégée.
Réduire le risque technologique
L’innovation interne comporte une part importante d’incertitude.
Une entreprise peut investir des ressources importantes dans une piste technologique avant de découvrir que :
- les performances attendues ne sont pas atteintes ;
- le coût de production est trop élevé ;
- la technologie est difficile à industrialiser ;
- un concurrent dispose déjà d’une solution ;
- plusieurs années supplémentaires de R&D sont nécessaires.
L’acquisition d’une technologie existante ne supprime pas ces risques.
En revanche, elle peut permettre de déplacer une partie du risque, de la recherche fondamentale vers l’intégration et l’industrialisation.
Acheter un brevet peut aussi permettre d’acquérir du temps
Dans certains marchés, le facteur temps est déterminant.
Une entreprise peut avoir identifié une opportunité commerciale mais ne pas disposer encore de la technologie nécessaire.
Attendre plusieurs années pour développer cette technologie peut permettre à un concurrent de prendre le marché.
Dans ce contexte, l’accès à une invention existante peut avoir une valeur qui dépasse largement le coût du brevet ou de la licence.
Le véritable actif acheté n’est alors pas uniquement la propriété intellectuelle : c’est aussi le temps gagné.
Une stratégie particulièrement intéressante pour les PME
Les grandes entreprises disposent souvent de moyens importants en R&D.
Pour une PME, les ressources sont généralement plus limitées.
Elle doit donc arbitrer entre :
- développer une technologie en interne ;
- recruter les compétences nécessaires ;
- sous-traiter une partie de la R&D ;
- acquérir une technologie existante ;
- conclure un partenariat avec son propriétaire.
L’innovation externe peut ainsi permettre à une PME d’accéder à des technologies qu’elle n’aurait pas nécessairement les moyens de développer seule.
Acheter ou licencier ?
L’entreprise n’est pas obligée d’acquérir définitivement le brevet.
Deux grandes approches peuvent être envisagées.
L’acquisition
L’entreprise devient propriétaire du brevet.
Cette solution peut être intéressante lorsqu’elle souhaite :
- maîtriser totalement la technologie ;
- sécuriser son avantage concurrentiel ;
- intégrer le brevet dans son propre portefeuille de propriété intellectuelle ;
- empêcher certains concurrents d’utiliser l’invention, dans les limites des droits conférés par le brevet.
La licence
L’entreprise obtient un droit d’exploitation sans nécessairement devenir propriétaire du brevet.
La rémunération peut prendre différentes formes :
- droit d’entrée ;
- redevances sur le chiffre d’affaires ;
- minimum annuel garanti ;
- combinaison de plusieurs mécanismes.
La licence permet donc d’accéder à une technologie sans nécessairement financer immédiatement son acquisition définitive.
Le portefeuille de brevets : une autre possibilité
Une entreprise peut également rechercher non pas un brevet isolé mais un portefeuille technologique.
Cela peut être particulièrement intéressant lorsqu’une innovation repose sur plusieurs briques technologiques.
L’acquisition d’un portefeuille peut permettre de :
- sécuriser plusieurs aspects d’une technologie ;
- renforcer la position concurrentielle ;
- compléter les brevets déjà détenus ;
- créer de nouvelles possibilités d’exploitation ;
- valoriser ensuite certaines technologies par licence.
Mais comment trouver la bonne technologie ?
C’est souvent là que se situe la difficulté.
Des millions de brevets existent dans le monde. Une entreprise confrontée à un problème industriel précis peut avoir du mal à identifier rapidement les inventions réellement pertinentes.
Il faut alors rechercher non seulement par mots-clés, mais également par :
- domaine technique ;
- applications ;
- fonctions recherchées ;
- classifications internationales de brevets ;
- familles de brevets ;
- titulaires ;
- territoires ;
- statut juridique.
Il faut ensuite analyser la portée réelle des revendications et vérifier les conditions dans lesquelles la technologie peut être exploitée.
La difficulté n’est donc pas seulement de trouver un brevet. Il faut trouver la technologie qui répond réellement au besoin industriel.
De la recherche de brevet à la rencontre industrielle
C’est précisément à ce niveau qu’une plateforme comme DEALIP peut jouer un rôle.
L’objectif n’est pas seulement de mettre en ligne des brevets.
Il s’agit de rapprocher deux besoins :
Un inventeur possède une technologie qu’il souhaite valoriser.
Une entreprise recherche une solution à un problème technique ou souhaite accélérer son innovation.
Entre les deux, il existe un marché : celui de la valorisation et du transfert de technologies.
Et si votre prochain produit existait déjà sous forme de brevet ?
Pour une entreprise industrielle, la prochaine innovation ne se trouve pas nécessairement dans son propre laboratoire.
Elle peut être détenue par :
- un inventeur indépendant ;
- une PME ;
- une startup ;
- un laboratoire ;
- une université ;
- une entreprise qui souhaite céder une technologie devenue non stratégique.
Avant de lancer plusieurs années de R&D sur un problème donné, il peut donc être pertinent de se poser une question simple :
Une solution existe-t-elle déjà ?
Si la réponse est oui, l’entreprise peut alors étudier différentes possibilités : acquisition, licence, partenariat ou adaptation de la technologie.
DEALIP : mettre en relation les technologies et ceux qui peuvent les exploiter
La valorisation de la propriété intellectuelle ne consiste pas uniquement à vendre un brevet.
Elle consiste aussi à trouver l’entreprise capable de transformer une invention en application industrielle.
Pour les propriétaires de brevets, DEALIP offre une possibilité de présenter leurs technologies à des entreprises susceptibles de rechercher de nouvelles solutions.
Pour les industriels, la plateforme peut constituer une source supplémentaire pour identifier des technologies et des innovations disponibles.
L’innovation ne commence pas toujours par une nouvelle invention. Elle peut aussi commencer par la découverte d’une invention qui existe déjà.
Vous êtes industriel et recherchez une technologie ? Vous êtes propriétaire d’un brevet et souhaitez identifier des entreprises susceptibles de l’exploiter ? Découvrez les opportunités proposées sur DEALIP.